Enfin, une partie de la nuit seulement.
En revanche, lui ne pourra prétendre avoir passé la nuit avec moi.
Et en réalité il faisait jour.
Je clarifie.
La nuit dernière j'ai rêvé de Nicolas Sarkozy.
Si.
En règle générale mes rêves disparaissent dans le néant de l'oubli ou bien se révèlent indescriptibles tant ils sont confus.
Mais là, il n'y avait aucun doute, c'était lui.
Il se présenta à moi qui dormait paisiblement, sensiblement plus décontracté que sur la photo officielle qu'on trouve désormais dans toutes les écoles ; un Président conforme à la posture détendue et prétendument modernisée qu'il donne de lui partout ailleurs, y compris donc dans les songes des inconnus chez lesquels il souhaite s'introduire.
"ça nous fait une belle jambe mon canard", diront la plupart.
"Plutôt un cauchemar !", diront les autres.
Certes. Dans la famille Sarkozy, j'eus préféré demander la Mère.
Enfin, la femme. Carla, quoi ! Mais elle fût désespérément absente de mes tribulations fantomatiques dans les méandres du pouvoir.
On ne choisit pas ses rêves et encore moins les personnages qui les peuplent.
S'agirait-il d'une campagne inédite de communication suggestive ?
Big Brother aurait-il eu le petit Nicolas pour virtuel frangin ?
Une myriade d'ectoplasmiques Présidents,
traversant l'océan, franchissant les volcans,
triomphant des elfes et des korrigans,
pour délivrer à temps son message militant.
Si les politiques parviennent à nous faire rêver d'eux, je ne vois que l'insomnie pour remède.
Maintenant, pouvais-je taire ce rêve là ?
Je me suis posé la question. Un peu. J'ai hésité. Mollement.
Devais-je révéler cette rencontre nocturne aussi surprenante qu'involontaire ?
J'ai finalement cédé à l'envie de raconter brièvement un rêve qui ne ressemble pas à ceux que diffuse habituellement le projecteur de mon subconscient, l'écran sombre de mes paupières clauses une fois déployé.
Et puis surtout, je n'ai pas résisté à l'envie d'exploiter, de façon assez opportuniste j'en conviens, un vecteur pour le moins original de création de trafic pour mon blog (on compense son isolement insulaire comme on peut !).
Autrement dit un moyen d'augmenter son audience. Après tout ça ne me rendra pas plus riche d'avoir passé une partie de la nuit avec le Président de la République. Pas d'enjeu économique dans ma démarche.
En revanche, n'ayant pas trouvé le moyen de produire des scoops en photographiant mes rêves, je ne serai malheureusement pas en mesure d'afficher les images qui eussent permis d'authentifier ce rêve-là.
Le clin d'œil musical de fin mis à part, que du texte, donc.
Alors, dans mon rêve, je suis un jeune homme.
25 ans à peine, beau, svelte, musclé et d'une rare intelligence.
J'entends mes fans s'étonner : si, si, c'était bien un rêve.
Les songes présentent par ailleurs cette caractéristique d'être souvent des juxtapositions de scènes n'ayant pas nécessairement de rapports directs les unes avec les autres.
En vrac et très succinctement, voici donc les bribes d'images qui me restent et qu'il m'a semblé superflu de commenter.
Cela dit, si certains ont des explications...
Scène 1 : je me trouve dans une sorte de spacieux appartement, niché au dernier étage d'une tour immense, donnant sur un parc, en compagnie d'une autre jeune femme.
Je crois qu'elle et moi sommes les étudiants d'une école de commerce, sollicités par l'entourage du Président pour nos supposées capacités à monter des partenariats.
Sortes d'experts en rapprochement d'entreprises et autres recherches de synergies.
Dans ce qui ressemble à un bureau, je suis en train d'écouter les conseillers de Nicolas.
La jeune femme s'est ostensiblement affalée sur moi et je suis moi-même nonchalamment allongé sur un canapé, pendant que sur leurs chaises, 3 conseillers transpirants, raides comme des pierres tombales, arborant des cravates aux allures de cordes au cou, exposent leur points de vue au Président, avec la crainte manifeste de voir leurs recommandations enterrées nettes.
Parfois, toujours avachi sur le canapé et la tête lourdement posée sur une main, j'interromps brutalement les sbires avec la décontraction d'un fossoyeur désœuvré et constate, non sans une certaine fierté, que mes savantes explications monopolisent l'attention et le sourire du Président.
L'orgueil narcissique de la jeunesse certainement.
Scène 2 : dans une autre pièce, je parle avec le Président assis en face d'un écran d'ordinateur. Il m'écoute et me sourit avec un égal intérêt. Je le conseille et il parait convaincu par mes démonstrations. Il m'apparait sympathique parce qu'il se montre sympathique et séducteur. Mais suis-je réellement dupe ?
Il me demande si je me sens capable de monter un partenariat (Pour qui ? Pour quoi ? Mystère !).
Je m'engage à lui remettre ma copie le lendemain. Je sais pouvoir y parvenir. Je l'ai déjà fait. Il m'engage. Je fais partie de l'équipe.
Une joie profonde et jusqu'alors inconnue me submerge. C'est le plaisir inédit du pouvoir. De la puissance. Je ressens ce bonheur là comme une ivresse interdite.
Mais même dans mon rêve, je crois rester lucide : je sais qu'en flattant mon ego, en réveillant mon côté obscur, c'est ma collaboration complice et complaisante qu'il convoite. Je demeure conscient de trahir mes convictions. Pourtant je cède à la tentation avec un bonheur presque assumé. Après tout, ne suis-je pas un beau jeune homme musclé et intelligent qui a, sinon la vie, en tout cas la nuit devant lui pour permettre à ses désirs et à ses fantasmes (certes critiquables) de s'accomplir ?
Alors j'en profite. Les rêves ne sont ils pas les soupapes dont nos consciences ont besoin pour rester fortes ?
Me voilà devenu un Skywalker guilleret qui cède avec entrain à un Dark vador mal rasé, en chemise blanche !
Scène 3 : des hommes et des femmes rentrent et sortent d'une pièce où doit se trouver le Président.
Ils chuchotent et affichent des mines contrites. Tels des proches au chevet d'un mourant. Ou des médecins incapables de faire un diagnostique pertinent. Nicolas est pourtant dans une forme éblouissante. J'observe ces ballets incessants de formes hésitantes et penaudes qui vont et viennent telles des fourmis affairées.
Cela m'amuse.
Je me gausse de leurs flottements d'indécis, de leur veulerie, parce que j'ai le sentiment imprécis d'avoir parfaitement compris que le Nicolas, il attendait de l'assurance, voire de l'insolence si elle s'accompagnait d'une intelligence aigüe. Je me dis qu'un jour, moi aussi je serai Président.
Je m'étonne d'avoir rêvé des trucs pareils.
Dernière scène : je me retrouve dans une pièce avec une autre femme ; elle est garde du corps de Nicolas. Je ne parviens pas à me souvenir de son visage.
Je crois que nous nous plaisons.
Nos regards se cherchent. Nos mains se frôlent. Nos bouches se trouvent. Je l'embrasse.
Je confirme : nous nous plaisons.
Nous tombons sur un lit et finissons dans les bras l'un de l'autre.
J'adore rêver.
J'ai tout de même fini par me réveiller vers 5 heures du matin.
Les rêves se terminent toujours quand vous souhaitez qu'ils s'éternisent.
Dans un demi sommeil, résolu à ne pas sombrer du côté obscur de la force présidentielle,
je me suis promis de contacter discrètement le Canard Enchaîné pour leur proposer un reportage exclusif au cœur de l'Élysée.
Il me suffira de fermer les yeux à nouveau.
dimanche 31 août 2008
samedi 23 août 2008
Aujourd'hui, jour de fête en Islande !
Aujourd'hui 23 août, ici à Reykjavik, comme partout ailleurs en Islande, c'est la fête.
Et que fête-t-on, je vous le demande ? La fin de l'été. Ouais.
Une vraie journée de fête, avec marathon autour de la ville, feux d'artifice, concerts, ventes de barbes à papa, braderies, dégustations gratuites...


Devant une banque accessible au public, des groupes se sont produits à tour de rôle, et à l'intérieur de l'établissement, des jeunes femmes maquillaient même les enfants qui le souhaitaient.
Imaginerait-on la Société Générale laisser ses portes grandes ouvertes et animer ses agences pour le bonheur de nos chères têtes blondes ?
ça vaudrait certainement une fermeture éclaire à Monsieur Bouton !
On a bien tenté de leur expliquer aux islandais, que l'automne, c'était en septembre, qu'on avait encore le temps.
Ils n'ont pas été dupes. Faut pas les prendre pour des cons les islandais, hein ?
D'ailleurs les éléments leur ont donné raison, car même le temps justement était de la fête : ciel déprimé, crachin et thermomètre bloqué à 12°. Il est sympa le temps. Il a voulu manifester sa joie d'être ainsi glorifié.
Une belle et grande fête de fin d'été comme on les aime.
Et puis les islandais, ils ont tellement hâte de retrouver les averses, l'obscurité glacée, la neige, le froid et le vent, si violent qu'il n'est pas rare de pouvoir observer les vols de moutons, qu'il ont trouvé parfaitement normal d'organiser une petite fiesta.
Finies les insomnies solaires de juin, disparus les insoutenables et exceptionnels 25° de juillet, enfin terminées les épuisantes siestes dans le jardin, les matchs de foot à proximité de l'océan, les balades en t-shirt à vélo, les cafés en terrasses, les promenades en tongs...
Welcome parkas, cirés, "moon boots" et autres polaires.
Cela méritait bien une fête.
L'été étant vécu comme une sorte d'exception naturelle, une courte parenthèse climatique, les islandais fêtent le départ de l'été autant que l'arrivée de l'automne.
C'est une sorte de pied de nez aux intempéries. Histoire de dire qu'ils ont l'habitude. Qu'ils sont prêts. Qu'ils en rigolent d'avance. Ces quelques clémentes semaines leur ont donné les forces dont ils ont besoin pour affronter les mois à venir.
C'est à cette volonté de glace que l'on reconnait l'islandais.
Les tempêtes à répétition le font marrer.
Peut être faut il que j'envisage rapidement la naturalisation.
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Lislandais
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samedi 9 août 2008
vendredi 1 août 2008
Break new yorkais
Mais tout ceux qui connaissent diront que NY ce n'est pas les USA. C'est NY.
Possible. Probable.
Bref, l'enfer citadin au regard de Reykjavik, capitale si calme.
Valérie en avait rajouté en nous expliquant qu'à peine arrivé il nous faudrait affronter la suspicion quasi maladive des douaniers et une fouille en règle, digne de Midnight Express, touché rectal inclus. Pablo, 9 ans, pouvait être pris pour un dangereux terroriste, susceptible de dissimuler une bombe à retardement dans sa Nitendo DS.
A peine avions-nous commencé à faire la queue pour passer la douane américaine, qu'une petite dame souriante, apercevant nos 4 enfants épuisés par 6 heures de vol, nous en a extrait pour nous faire passer devant tout le monde. Une bonne heure d'attente évitée. Certes, les contrôles furent minutieux ; le douanier, dans sa cage de verre, a procédé à l'enregistrement de nos empreintes digitales, contrôlé nos passeports avec l'intérêt et la concentration d'un entomologiste examinant un coléoptère et nous a tous pris en photo avec sa webcam nichée sur un bras articulé, tel un robot miniature.
Mais il fut toujours souriant et s'amusait même de notre provenance islandaise.
On était loin du cauchemar pressenti.
Et mon intimité demeura préservée.
Autos, scooters, bus, motos. A NY, les klaxons se mêlent aux sirènes de police (celles des pompiers et des ambulances en particulier sont véritablement assourdissantes), les violents coups d’accélérateur des voitures aux bras articulés des bennes à ordures ; dans cette frénésie décibels, les cris des prédicateurs et des vendeurs à la sauvette peinent à émerger.
Les machines se sont appropriées la ville et ont dépossédé les hommes de leurs voix.
Que d’odeurs aussi. Celles des fumées que les pots laissent échapper. Des saucisses qui rôtissent dans la rue dans de petites roulottes ambulantes. Des effluves s'échappant des nombreux restaurants. Des eaux de Cologne et des déodorants bon marché.
Moi, finalement, je m'en foutais un peu de ce bordel généralisé. J'étais de passage. J'étais un islandais déguisé en new-yorkais. Alors je me sentais fort. Volcanique peut-être. C’était la lave qui coulait dans mes veines. La fureur américaine ne pouvait m’atteindre. Elle glissait sur moi comme l’eau soufrée de Reykjavik.
Des balades (beaucoup), des restos (pas mal), du shoping (à peine), des musées (pas trop). Voila ce que furent ces quelques jours chez nos amis Olivier et Thorun qui nous ont hébergé à Soho dans leur magnifique et spacieux loft et en dépit du stress et de la fatigue causés par l'ouverture très prochaine de KISAN NY sur Green Street (sur le modèle du concept store qui existe déjà à Reykjavik).
Qu'il me soit permis de les remercier ici pour leur accueil.
J'ai pu grâce à eux découvrir une ville que j'ai adorée.
Bon c'est vrai que pour ceux qui ont du mal avec les règles, les USA en général ne sont pas recommandés. Nous sommes allés par exemple dans la piscine d'un grand hôtel, niché au 40e étage, avec notre frétillant Pablo.
Interdit de sauter. Interdit de plonger. Interdit de crier. Interdit de s'appuyer sur les bouées qui séparent les deux bassins. Interdit d'éclabousser ces voisins. J'en suis venu à me demander si, dans cette piscine là, la nage était autorisée.
La ville n'est pas non plus d'une propreté irréprochable. La nuit, les rats ne sont pas rares, les cafards sont légions et la gestion des déchets ménagers semblent être problématique.
En revanche, pour ceux qui aiment l'animation, NY leur tend les bras.
Restaurants, boîtes de nuit, bars, concerts de rue... NY bouge, chante, s'illumine, festoie, NY vit, de jour comme de nuit. Et à la différence de Paris par exemple, NY vit partout, pas seulement dans 3 ou 4 quartiers. C'est donc cette animation gigantesque et disparate qui frappe d'abord.
Et puis l'avantage d'être dans une ville de près de 10 millions d'habitants, c'est que vous êtes un anonyme dans la foule. Et ça c'est un vrai bonheur : n'être personne au pays du star système.
PS : je serais heureux de donner quelques adresses de bons restos à ceux qui le souhaitent.
Publié par
Lislandais
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