jeudi 31 juillet 2008

C'est là !

Ben oui, c'est là et pas ailleurs que je teste l'effet produit par cette nouvelle tentative romanesque.
Ecrivain Academy
ou les aventures télévisées d'Hercule Freluquet.
Tout un programme, donc.
Vos critiques acerbes (pas trop quand même) et vos témoignages d'affection (là en revanche vous pouvez vous lâcher) sont vivement attendus.

http://editeur-ecrivain-academy.blogspot.com/

samedi 19 juillet 2008

La famille de L'islandais

Valérie, la maman.
Les objets environnants n’ont pour elle qu’un seul et unique intérêt : leur aspect esthétique. Qu’il s’agisse du torchon à afficher dans la cuisine ou de la lampe du salon, un objet n’a pas vocation à être utile, fonctionnel ou même bon, il doit être beau et seulement beau.
Il arrive donc parfois qu'un produit présentant à la fois des caractéristiques esthétiques et organoleptiques exceptionnelles finissent comme objet décoratif ad vitam eternam, en dépit de nos vaines tentatives pour le déguster en douce.
Dans ce contexte, la maison toute entière devient une sorte de musée, voire d'espace d’exposition permanente pour objets de design. Et, par voie de conséquence, la propreté, l’ordre, le rangement deviennent des
graals, d’autant plus difficilement atteignables qu’un Pablo est, à l’opposé, le représentant officiel du chaos et du désordre.

Félicie, 17 ans.
L’aînée de la fratrie. Proche de l’âge adulte et attachée au statut que confère cette position. La starlette de la famille. A l’instar de son frère Pablo, Félicie ne doute pas de grand chose et surtout pas d'elle même et son devenir de starlette.
Félicie a beaucoup d’humour ; surtout quand il s’agit se gausser de sa sœur Louise.
Mais bien qu’elle prétende savoir rire d’elle même, sa capacité à l’autodérision diminue fortement quand sa sœur Louise en fait autant.


Louise, 14 ans.
Sans doute la plus intelligente de la famille (le père mis à part). Elle serait certainement la première de sa classe si elle s’en donnait les moyens. Ce qui ne l’empêchait pas, en France, d’avoir 16 de moyenne dans à peu près toutes les matières. A l’inverse de Félicie et de Pablo, Louise doute beaucoup. A tel point que la plus anodine des actions qu’elle envisage est précédée de grandes remises en question. Ce qui empêche le plus souvent toute action. Enfin, Louise est dotée d’un sens de l’humour très particulier qui consiste à se moquer, assez finement le plus souvent, mais de manière si incisive parfois, que ses traits d’humour peuvent être mal interprétés par ceux qui en sont l’objet. Elle est d’ailleurs à peu près la seule à rigoler de ses blagues, ce qui doit lui procurer parfois de grands moments de solitude.


Garance, 11 ans.

L’antilope de la famille. Assurément future championne olympique du 100 mètres. Par ailleurs, Garance est une fée du rangement et de l’organisation, ce qui ne manque jamais d'épater Valérie. Le matin elle sera systématiquement la première à être prête pour l’école, quand Pablo émerge à peine de sa nuit. Garance peut passer en quelques instants d’une douceur et d’un calme olympiens à un état d’énervement avancé quand quelque chose ou quelqu’un lui a déplut ou si elle a le sentiment d’avoir été la victime d’injustices flagrantes. Dans ces moments-là, Garance se métamorphose en véritable furie pour exprimer son mécontentement.

Pablo, 9 ans (dans 2 semaines).
Le père excepté, auquel d’ailleurs il voue une admiration sans faille (certes méritée), c’est le seul garçon de la famille et le plus jeune. Bien qu’intelligent et vif d’esprit, il déteste l’école et plus précisément l’écriture. En revanche il adore le sport en général et le foot en particulier. Pablo a beaucoup beaucoup, mais alors beaucoup d’énergie à revendre. Dans son cas, on frôle même l’hyperactivité. Il est par ailleurs assez casse-cou et en même temps tellement maladroit que les accidents ne sont pas rares. Enfin, à l'instar de sa sœur aînée, Pablo ne doute de pas grand chose et surtout pas de lui même ; de telle sorte que pour lui il convient d’être toujours le premier et de gagner, et ce, quelle que soit l’activité concernée (la préparation du matin mise à part !).

L'islandais, le papa.
Que dire de cet homme extraordinaire, qui a suivi son épouse par amour ?
Enfin, pas par amour du froid, faut-il le préciser ?
Si la perfection pouvait être personnifiée, sans doute L'islandais en serait-il le seul et talentueux représentant. J'exagère à peine. Outre des qualités, découvertes assez récemment, d'impressionnante résistance aux chutes vertigineuses de température, L'islandais dispose d'un don assez particulier : celui de pouvoir écrire dans le salon de leur modeste résidence islandaise (300 mètres carrés sur 3 étages avec deux jardins et une terrasse), en présence de ses 4 adorables et si calmes enfants autour de lui. Ainsi les multiples et bruyants désaccords qui ne manquent jamais de se manifestés avec une grande régularité dans la journée, ne l'empêchent-ils nullement de rédiger les articles si passionnants qu'il vous donne à lire.

jeudi 10 juillet 2008

Tournoi vestmanien - Epilogue

Le tournoi s'est achevé le 3e jour, dans le gymnase contiguë au stade où ce sont déroulés les matchs. Cette soirée de remise de médailles à l'ensemble des participants et de coupes aux vainqueurs, fut précédée de quelques joyeuses animations dont raffolèrent les enfants, mais également les adultes si j'en juge par l'enthousiasme qu'ils manifestèrent pour participer.



Il suffit pour s'en convaincre de jeter un coup d'œil à la vidéo ci-dessous.

video

J'eus en revanche quelques doutes sur l'enjeu sportif d'une compétition visant à ingurgiter le plus rapidement possible, un
cheese burger et un grand verre de Pepsi et dont 6 enfants furent les acteurs complaisants. Concours à ce point débile de mon point de vue, que l'un d'eux manqua de s'étouffer en voulant démarrer un peu trop rapidement sans doute.
Multiplication des encas quotidiens, consommation excessive de graisses et de produits sucrés, déséquilibres nutritionnels... D'une manière générale, le rapport à la nourriture en Islande devient de plus en plus un véritable sujet de préoccupation. L'absence de règles en la matière différant sensiblement des tentatives de sensibilisation pratiquées en France.


La dernière journée s'achevait. Nous sommes tous rentrés pour préparer nos sacs avant de prendre le bus qui nous conduirait jusqu'à l'aérodrome.
Bilan de ces 3 jours : épuisant, mais génial.
En moyenne, 3 à 4 matchs de 20 minutes étaient organisés dans la journée, avec une ponctualité toute helvétique. Ce qui représente 60 à 80 minutes d'énergique participation réclamée à ces piles électriques miniatures. Ajoutons : la bonne heure de marche quotidienne pour se rendre du dortoir au réfectoire, du réfectoire au stade et du stade au dortoir ; les séances d'échauffement entre les matchs et la balade en bateau organisé le 2e jour.
3 jours pendant lesquels nos marmots auront eu des journées d'au moins 15 heures.


Alors je me suis interrogé : où vont-ils chercher pareille énergie ?
Réflexion faite, je crois qu'ils ont prélevé individuellement leur vitalité dans celle des autres. Chacun d'eux s'est inspiré de la vigueur du groupe pour nourrir son tonus propre. Et celui de la bande ne faiblissant jamais, Pablo par exemple, a pu puiser indéfiniment la force de s'activer grâce à l'émulation générale.



Et puis, durant ces 3 jours, j'ai été le spectateur discret des pièces successives jouées par mon gamin et par ses copains. Je pensais que Pablo était le seul à disposer de cette capacité à s'extraire du monde qui l'entoure, et même à recréer le sien.
Un monde clos, dépourvu de contrainte, tout entier à l'esprit du jeu, des rêves et des franches parties de rigolade. La tendance était générale. Ils furent tous à ce point absorbés par leurs distractions, leurs rires et leurs discussions qu'il était difficile de nous faire entendre d'eux et de leur parler.
Sans vraiment savoir pourquoi, j'ai envié cette insouciance absolue. J'ai jalousé leurs chimères. Bref, j'aurais souhaité redevenir un gamin de 10 ans.


Enfin, si la promiscuité fut un handicap pour le solitaire que je suis, en revanche, il me faut ici rendre hommage à la gentillesse des islandais. Ce peuple fier, dur, froid parfois a su prouvé sa grande générosité. A mon égard, ils furent prévenants et attentifs.
Mais surtout, le dernier jour, ils s'arrangèrent avec le comité d'organisation afin que l'un des gamins présents, originaire des Pays Bas et qui avaient rejoint le groupe de façon provisoire, puisse recevoir une coupe et un cadeau en raison des handicaps qu'il avait surmontés.


Alors rendez-vous l'an prochain ?

FIN

mardi 8 juillet 2008

Tournoi vestmanien - Episode 3

Les 2e et 3e jours ont été en tout point comparables au premier. Réveil à 7h, petit déjeuner symphonique, matchs, déjeuner symphonique, matchs, dîner symphonique, séance de lecture gutturale, dodo.

L'après-midi du second jour, notre groupe a toutefois profité d'une pause de 3 heures. J'ai imaginé que, peut être, nous allions pouvoir envisager une petite sieste salvatrice. Que nenni. Une promenade en bateau était planifiée.

De toute façon, vouloir faire dormir 40 gamins de 9 ans au beau milieu de la journée, c'était comme vouloir arrêter un troupeau de bisons lancé à vive allure avec une main tendue pour seul moyen de les stopper. Aussi stupide qu'improbable.
Nous avons donc tous embarqué pour un gros quart d'heure sans véritable intérêt autour de l'île.
En quittant le port, nous avons assisté aux ballets nautiques de scooters des mers conduits par deux jeunes gars qui allaient et venaient en décrivant des cercles autour de notre embarcation. Conscients de l'effet produit sur les jeunes navigateurs présents, j'ai supposé que cette activité s'apparentait à la version islandaise des "burns", "pif paf", "poignées dans le coin" et autres "wheelings" de nos amis motards, ou à l'une des démonstrations qu'offrent les ados sur leurs scooters et sur le bitume des banlieues françaises.
Sous une forme certes assez différente, le désœuvrement adolescent existait ici aussi.
La balade atteignit véritablement son apogée dans une grotte, lorsque le géant blond qui nous servait de capitaine, enfila le costume d'animateur et interpréta un court solo de saxophone.

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(à suivre)

samedi 5 juillet 2008

Tournoi vestmanien - Episode 2



Le réveil fut difficile.

La nuit avait été courte et bien entendu agitée : j'avais dormi entre deux morpions épuisés, Pablo et un autre.
Le premier avait opté pour la position des bras en croix : ma tête servit donc de socle pour l'un de ces bras qui rebondissait sur mon crâne au rythme de mes nombreuses tentatives pour le replier.
Et l'autre, appelons-le "mélomane", alterna inspirations et expirations au sons de ronflements et de sifflements parfaitement cadencés.
Tant et si bien que j'eus l'impression bien involontaire d'être le chef d'orchestre d'un duo nocturne encore inédit.


L'absence de douche et la vision d'enfants par dizaines, à peine réveillés et déjà frétillant et gazouillant, renforcèrent un peu plus le vague sentiment de m'être embarqué dans un périple que je pressentais fatiguant. Mais alors vraiment fatiguant.

Je passe le descriptif du petit déjeuner, pris dans une cacophonie symphonique, dans une sorte de salle omnisport gigantesque, située à 10 minutes à pieds de notre dortoir et où se retrouvèrent près de 300 joyeux drilles, plus prolixes que jamais.


Nous avons passé le reste de la journée sur les terrains de foot, à regarder et à encourager nos champions en couche-culottes s'activer dans tous les sens, à grignoter des biscuits, à boire du café et à évoquer (en anglais en ce qui me concerne) leurs récents exploits et tragiques désillusions avec des sourires émus.
J'ai toutefois profité de la pause déjeuner pour m'éclipser une petite heure avec un hollandais caméraman et globe-trotter rencontré à Reykjavik et qui nous avait suivi pour filmer les 3 jours du tournoi. Cet intermède fût l'occasion d'une courte balade dans et juste autour de cette petite ville de 4500 habitants. Des maisons, quelques rares restaurants, des maisons, des vitrines présentant les collections printemps-été... 1964, encore des maisons et le port, qui demeure le centre névralgique de l'île, la pêche étant ici, comme dans le reste de l'Islande, la ressource première de ses habitants.
En fin d'après-midi, l'équipe de Pablo avait respecté un équilibre d'une absolue perfection : 1 victoire, 1 défaite, 1 match nul.

Nous nous sommes tous couchés vers 22h, en écoutant l'histoire que racontait l'un des parents présents. J'étais comme l'un des 40 enfants (enfin) calmes; je me laissais bercer par le flot ininterrompu des mots inconnus propulsés par la voix grave et rauque de l'orateur nordique.
(à suivre)

mercredi 2 juillet 2008

Tournoi Vestmanien-Episode 1

La semaine dernière, pendant 3 jours, mon fils de 8 ans et moi sommes partis pour un tournoi de foot à Vestmann. C'est lui qui participait, pas moi, dois-je le préciser ?

L'archipel des îles Vestmann : une douzaine d'îles et d'îlots disséminés au sud-ouest de l'Islande, dont Heimaey, la plus grande et la seule habitée, sur laquelle s'est déroulée la compétition. Une dizaine de clubs islandais représentés et environ 600 gamins de 8 à 10 ans prêts à en découdre.


Nous sommes partis en ferry et rentrés en avion : 3h dans un cas, 20 minutes dans l'autre.

Indépendamment de son prix économique, le ferry n'a pour seul intérêt que le panorama qu'il offre à l'approche de l'île principale.
A quelques centaines de mètres du port, dissimulé derrière deux grands massifs volcaniques, j'ai cru apercevoir,
en observant les courbes de la roche sur leurs sommets, le visage agonisant d'une femme, le regard éperdument tourné vers le ciel. Et en s'approchant encore, cette féminine apparition s'est mue en masque de pierre, bouche noire entrouverte et yeux clos. A voir.
En revanche, 180 minutes par forte houle à bord de ce type d'embarcation ne favorise pas les vocations de marin.
D'ailleurs au regard du nombre de passagers présents sur les différentes passerelles, je me suis interrogé sur l'intérêt d'avoir autant d'espaces couverts. Quoique. Nous étions tout de même en juin.


Au début, les nombreux enfants à bord étaient ravis : ils couraient dans tous les sens, sautaient, montaient, descendaient, jouaient avec les mouvements du bateau.
L'océan a vite repris le dessus.
En 30 minutes à peine, les mines enjoués ont viré au verdâtre.
Tranquillement installé sur le pont, tantôt j'admirais un macareux planeur, flirtant avec l'écume des vagues à quelques mètres seulement de l'étrave, tantôt je voyais défiler des dizaines de silhouettes hagardes, marchant comme des zombies, une boîte blanche en carton dans la main de chacun d'eux.

Une boîte destinée à recueillir les traces odorantes et colorées de leurs forfaits buccaux, quand ceux-ci ne finissaient pas directement sur le pont et qui m'a rappelé les emballages servant aux plats chinois à emporter.
Curieuse façon de freiner les ardeurs vomissantes de nos jeunes mousses que de leur refiler des contenants évocateurs de nouilles sautées aux crevettes et autres porcs au caramel.


Puis nous sommes arrivés. Il m'a fallu réveiller Pablo, qui s'était confortablement endormi dans les bras fort heureusement musclés de son papa; un papa qui lui, avait fini, moins confortablement, par s'asseoir à l'intérieur, sur un bout de canapé rouge en velours occupé aussi par quelques jeunes couples que les relents gerbiques généralisés ne semblaient pas empêcher de s'embrasser ostensiblement.

La petite quarantaine de footballeurs en herbe et la dizaine d'accompagnateurs admiratifs qui formaient notre groupe ont ensuite embarqué dans un bus qui nous a conduit dans nos pénates.

L'esprit d'équipe étant l'une des caractéristiques principales du peuple islandais, c'est tous ensemble et dans la même pièce que nous nous sommes installés.

Une sorte de gymnase pour boxeurs, au dernier étage d'un immeuble hébergeant aussi de volcaniques expositions, sur le parquet duquel 50 sacs de couchage ont été posés.
Les plus prévoyants - la grande majorité des personnes présentes en fait - avaient même prévu les matelas gonflables. Je ne fus pas de ceux-là. Si bien que ces 3 nuits à même le sol ne furent pas une sinécure. Passons.


Nous avons fini par nous endormir vers 1h du matin, la tête dans les paires de gants et les punching-balls suspendus et à proximité d'un ring qui m'a semblé miniature au regard de la taille de l'islandais moyen.

Le réveil était prévu vers 6h30, en prévision d'un premier match à 9h00.
(à suivre)