Je me sens tellement plus prolixe quand il s'agit de décrire notre quotidien.
A l'aise, serait plus exact.
Pourtant j'ai le sentiment de n'avoir d'autre choix que d'écrire... pour me libérer de ce malaise justement, de cette nausée qui m'a donné envie de gerber toute la journée.
D'écrire au sujet du mail que j'ai reçu hier matin et qui contenait une vidéo.
Une vidéo que certains pourront peut être regarder jusqu'à la fin.
(Interdit aux moins de 18 ans)
http://www.petatv.com/tvpopup/video.asp?video=fur_farm&Player=wm&speed=_med
Moi, je n'y suis pas parvenu.
Mon coeur ne pas paru assez solide pour cet exercice.
Il y est question d'animaux torturés.
Ni d'insectes, ni de poissons... Mais de chiens, de chats et de renards en particulier.
La scène a été filmé en Chine par une association qui défend les droits des animaux.
La Chine serait-elle une Société Protectrice des Assassins ?
Certains ne seront peut être pas surpris par l'information. Horrifiés par les images, à n'en pas douter.
D'autres penseront qu'il existe dans ce monde des atrocités tout autant inaceptables, dont les hommes, les femmes, les enfants sont les victimes.
Ils auront raison.
Mais faut-il taire les souffrances animales, parce qu'il en existe d'autres, touchant notre espèce, et plus abominables encore, dont on parles déjà ? Parfois.
Je ne souhaite pas comparer ; il ne s'agit pas pour moi de chercher à graduer les actes odieux de certains êtres humains dans l'échelle de l'horreur.
Ma démarche est totalement intéressée : j'ai besoin de témoigner pour oublier. Je souhaite dire que certains hommes sont mauvais pour avoir bonne conscience. Je veux croire que ceux qui ont fait cela - qui font encore cela - ne sont en rien comparables avec ce que je suis. Avec ce que, je l'espère, la majorité d'entre nous ne sont pas et jamais ne seront.
J'ai d'abord pensé... Non. J'ai d'abord été incapable de penser. C'est mon corps qui pensait. Mon débit cardiaque s'est subitement accéléré. J'ai voulu fuir. Je me sentais inutile et impuissant.
Devant les scènes difficiles de certains films, l'esprit agit comme le balancier d'un funambule ; il compense le stress provoqué, en nous rappelant qu'il s'agit d'une fiction.
Mais là, devant cette réalité sans équivoque, brutale, que peut l'esprit, sinon déplorer ?
Je fus livré à l'ignominie sans protection, sans possibilité de préserver l'équilibre rassurant de la raison. Le mal est entré en moi sans que je puisse lui opposer le bien.
Ensuite, lorsque l'épouvante s'est répétée maintes fois, lorsqu'il a bien fallu admettre l'inadmissible, j'ai tout éteint. L'ordinateur de ma fille et ma conscience. Je suis allé déhors, dans le jardin, il faisait beau et chaud (si, si !), et nous avons mangé. Et j'ai mangé. L'homme n'est-il pas extraordinaire ?
J'ai regardé la nature alentour et je me suis dit : tiens, c'est amusant, l'arbre se déshabille à l'automne, laissant filer ses jaunes, ses ocres, ses pourpres atours au gré du vent, pour se rhabiller au printemps, à nouveau verdoyant, tandis que nous autres nous protégeons de la bise hivernale couverts des pieds à la tête et laissons le souffle chaud de l'été carresser nos corps blanchis par la nuit.
Mais on n'échappe pas à sa mémoire.
Toute la journée, la mienne est entrée sans frapper, comme une porte qui claque avec le vent. Elle s'est rappelée maintes fois à mon bon souvenir. Elle diffusait ses images laides, étourdissantes, comme un soleil enfin libéré du nuage qui l'entravait, dardant soudainement ses rayons aveuglants, douloureux.
Alors j'ai accepté que ma conscience fasse son oeuvre. Je me suis rassuré en pensant que moi, au moins, j'étais un homme. Pas un porc, comme ces chinois tortionnaires.
Et puis lorsque la peur, le dégoût, la colère, la tristesse, s'en sont allés, j'ai rappelé la raison.
J'ai imaginé (j'ai voulu croire ?) que peut être ces "hommes" agissaient dans l'ignorance de la souffrance infligée. Qu'il s'agissait d'une pratique millénaire. Qu'ils n'en demeuraient pas moins des maris aimants et des pères attentifs. En somme, qu'ils étaient totalement irrésponsables. Cela n'excusait évidemment rien. L'arrêt immédiat et définitif de ces pratiques n'en demeuraient pas moins urgentes. Mais cela me permettait d'expliquer. J'en avais besoin.
Cela n'a pas suffit.
Alors j'ai conclus que le monde était ainsi fait. Que l'équilibre de la vie reposait sur la proximité de la mort. Que pour 1000 massacres, il y aurait 1000 naissances et 1000 sourires pour autant de pleurs.
Cela n'a pas suffit non plus.
Parce que je veux croire que 1000 bonheurs sont possibles sans leurs contreparties en souffrances.
dimanche 25 mai 2008
La Chine tolère la torture animale : l'essentiel c'est de ne pas participer.
Publié par
Lislandais
4
commentaires
samedi 17 mai 2008
La petite maison dans le lac
Alors :
a) le lac a dégelé subrepticement dans la nuit
b) concours Lépine local : le gars a inventé la maison qui flotte... recalé.
c) "oh my god, l'art moderne islandais, quel délire !"
d) ils tournent une adaptation islandaise de La petite maison dans la prairie
f) ... j'attends vos suggestions !
Celui qui trouve gagne 1 semaine de vacances dans une maison au bord de l'eau.
Mais alors vraiment au bord.
Publié par
Lislandais
8
commentaires
vendredi 9 mai 2008
Tant pis pour ma pomme !

AMIS, FAMILLE... LISEZ CETTE TRISTE MISSIVE !
(Enfin, surtout le postcriptum)
Il s'en est allé. Dans un ultime effort, serviable jusqu'à la fin, il m'a permis d'expédier mon message. Puis il s'est figé dans une raideur définitive, avec un râle inhabituel et désespéré. Un bruit de sabots d'équidé martelant le pavé d'un trot irrégulier vers Thanatos.
MacBook a rendu l'âme après 10 petits mois de quotidiennes complicités.
Nous nous retrouvions presque chaque jour. Je posais les paumes de mes mains sur sa peau de plastique, mon index caressait délicatement son rectangle intime et mes doigts tapotaient sur ses touches, comme sur le clavier d'un piano aphone. Des mots, des phrases, des noms... transitaient de mon cerveau mou à son disque dur, au son de cliquetis incessants. Je sollicitais ses gigaoctets afin d'épargner mes neurones.
Avec lui c'est aussi une précieuse partie de ma mémoire, numérique devenue, qui disparait. Films et photos de famille, récits personnels, messages, codes secrets, adresses... C'est même une partie de ma vie qu'il a emporté.
Je ne lui en veut pas. C'est à ses géniteurs que j'en veux. De n'avoir pu ou voulu accroître son espérance de vie à lui. Ils sont vraiment poire chez Apple.
Certes, j'aurais du prévoir cette fin possible, sinon probable et sauvegarder mes données. La mémoire n'est portable qu'à la condition de la cloner. Tant pis pour ma pomme.
PS : Merci à tout ceux qui pour des raisons diverses et variées m'ont un jour envoyé un, voire de nombreux messages par mail, de m'adresser leurs condoléances afin qu'au moins je récupère leurs adresses.
Publié par
Lislandais
9
commentaires
mardi 6 mai 2008
C'est mieux que rien, non ?
Bon, aujourd'hui, je ne sais pas bien de quoi vous parler. Il pleut. Il y a du vent. Et il fait 10°. C'est donc un jour de grande normalité printanière islandaise. Un jour qui tranche avec l'article précédent. Mais l'Islande étant un pays d'excès et de contrastes, rien d'étonnant à cela.Sans doute vous interrogez-vous sur la photo ci-dessus.
Tiens, un pingouin faisant un bisou à ma fille ainée ! Quel va être le sujet du jour ?
La reproduction des alcidés en milieu urbain ?
Tss tss !
Le manque d'affection de l'adolescent confronté à l'insularité ?
Pas davantage !
Vous ai-je parlé de Kisan (prononcer "keyssane") ?
Kisan (qui signifie chat en islandais) est un concept-store situé sur Laugavegur (prononcer "lauyaverre" en roulant les "r") à Reykjavik.
Je fais une parenthèse : si les explications relatives à la prononciation des mots islandais vous gonflent, envoyez-moi un commentaire. Ce sera un peu tard pour cette fois, mais j'en tiendrais compte la prochaine fois.
Valérie, l'aventurière bretonne que j'ai suivi par amour... non, pas par amour du froid ! Par amour tout court. Valérie, donc , travaille chez Kisan.
Kisan, c’est une compilation d’objets très disparates sélectionnés par Thorunn et Olivier (nos amis franco-islandais) sur des critères dont je ne connais pas bien la nature.
En général, c’est « design ». Pas toujours indispensable. Parfois rigolo.
Et selon les cas, un peu cher. En tout cas ça se vend. Un second magasin sera même ouvert très prochainement à New York.
On y trouve des produits aussi différents que, dans le désordre : des beaux vêtements pour marmots, des sacs et porte-feuilles chics pour femmes extatiques, des valises magnifiques pour voyageurs « frequent flyer », des ours polaires géants pour enfants, des jouets diverses et variés, quelques sélections de CD et de livres archi tendance, des biches, des hiboux, des écureuils et... des pingouins dévoreurs d’ampoules.
Il s'agit donc bien d'un pingouin dévoreur d'ampoules, à son tour en passe d'être dévoré par ma fille que je vous donne à admirer aujourd'hui. Pourquoi me direz-vous curieux que vous êtes.
Je n'en ai pas la moindre idée. Tout à l'heure, je suis allé me faire un café dans la cuisine et je suis tombé nez à bec avec le pingouin qui m'observait fixement. Et pour je ne sais quelle raison bizarre, j'ai voulu le prendre en photo. Ma fille Félicie s'est pointée à cet instant précis et a manifesté le désir d'être photographiée avec lui.
Voilà. Je me suis donc retrouvé avec une photo de ma fille avec un pingouin, dont je ne savais fichtrement pas quoi faire. J'en tire la conclusion que le grand avantage d'un blog, peut être même le plus important, c'est de pouvoir y afficher des photos qui n'ont aucun sens et de les compléter de commentaires tout autant abscons.
Je tenterai de faire mieux la prochaine fois.
Mais c'était tout de même mieux que rien, non ?
Je m'interroge.
Peut être bien qu'en définitive, rien eut été bien mieux.
Publié par
Lislandais
2
commentaires
jeudi 1 mai 2008
Déjeuner sur l'herbe...
L'hiver dernier, durant de longs mois tristes, j'ai joué avec eux.A cache-cache avec le soleil, qui tantôt profitait du manège terrestre, tantôt des sombres et épais nuages pour se dissimuler ; autant dire que j'ai rarement gagné.
A chat avec la pluie, qui faute d'être perché dans ma maison, ne m'a laissé aucune chance d'éviter ses gouttes. Et au ballon prisonnier avec le vent, qui m'envoyait à peu près tout ce qu'il pouvait me balancer à travers la tronche : feuilles mortes, papiers divers et autres détritus.
Depuis quelques semaines, ils se sont enfin lassés de me voir perdre avec un telle abnégation. Alors ils ne jouent plus.
Les puissants rayons du premier s'infiltrent à nouveau dans la maison, chaque jour avec un peu plus d'avance, éclairant la surface de l'ile d'un éclat bien plus lumineux qu'ailleurs.
Puis, peu à peu, ce soleil farceur se retire lentement, comme le rideau pourpre d'un spectacle qui s'achève, nous offrant un ultime visage aux teintes mélancoliques avant de nous quitter à regret vers 22h00. Impatient de rayonner de plus belle dès 5h00 du matin.Alors, nous profitons de ces quotidiennes représentations. Aujourd'hui déjeuner au soleil. Qui l'eut cru il y a encore 1 mois ? Certainement pas moi. Il a certes fallu nous contenter d'une température qui n'a pas dépassé les 12°. Mais ici, 12°, c'est presque une chaleur estivale. On frôle même la canicule.
Alors demain, je teste le BBQ.
Après les éléments, je pourrais me targuer d'avoir joué avec les aliments.
Publié par
Lislandais
7
commentaires
Inscription à :
Messages (Atom)



