samedi 31 octobre 2009

Une semaine en images

MARDI - Balade de fin d'après midi


JEUDI / 17h00 - Patinage stratégique

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JEUDI / 17h30 - Patinage acrobatique.

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SAMEDI - Halloween party.

dimanche 25 octobre 2009

Pickpoket à Reykjavik

Dans le Paris de la fin des années 50, Robert Bresson livre le récit désenchanté d'un jeune homme velléitaire qui cherche ses limites et veut défier la police en s'improvisant pickpoket.

Une fois installé dans le vieux siège en bois de la cinémathèque
d'hafnarfjordur, fondée en 1946, avec ses rideaux de velours pourpre, j'ai d'abord eu le sentiment d'avoir loupé le film. Je veux dire que je n'ai pas réussi à croire à l'histoire qui m'était racontée. Ce n'est d'ailleurs pas tant le scénario que le jeu des acteurs qui m'a troublé.
L'absence de jeu peut-être.



Les voix d'abord : Michel (Martin La Salle) et Jacques (Pierre Leymarie) par exemple, alternaient suites monocordes de phrases récitées sans conviction et déclarations anodines déclamées telles des révélations shakespeariennes.
Surprenant.

Et puis il y avait ces étranges face à face d'acteurs ; telles de jolies poupées de porcelaine aux visages lisses et inanimés, les paupières se fermaient à intervalles réguliers.
Un coup j'te fixe dans les yeux, un coup j'te regarde les couilles.

Curieux ballet de cillements impromptus, en complet décalage avec les propos échangés, auquel j'ai fini par m'habituer tant il était répétitif.


Souvent aussi, les corps raides se figeaient à l'emplacement choisi et s'activaient mollement telles des marionnettes maladroites ; comédiens condamnés à l'immobilisme par les nombreux plans fixes imposés et débitant mécaniquement leurs dialogues asynchrones.

Seule miraculeuse et plaisante exception à cette cohorte de mâles engourdis : l'émouvante et si jolie Marika Greene. Un bonheur.


Quel curieux long métrage m'étais-je dit.
Robert Bresson avait-il inventé le premier sitcom de l'histoire du 7e art ?

Pas du tout.
Pour ceux - dont je fais partie - qui l'ignoraient, Robert a majoritairement tourné avec des amateurs ; ses "modèles" comme les nommait l'ancien peintre et photographe.

Cette débauche de mines inexpressives à contretemps trouvait-elle une partie de sa justification dans cet amateurisme assumé ?
A postériori, j'en doute également.

Poétique.
C'est l'adjectif qui m'est venu pour qualifier ce film.
L'année où sortaient Ben Hur, Certains l'aiment chaud et La mort aux trousses, il fallait oser ce Pickpoket-là.
Il fallait oser désincarner les acteurs pour magnifier le propos.
Il fallait être capable de faire un film comme on conçoit une pièce de théâtre.

Avec son Pickpoket, Robert Bresson n'aurait pas volé un César.

dimanche 18 octobre 2009

Les "soirées de l'ambassadeur" (fin)

La première partie, ici.

Au début de la soirée, lorsque tous les invités furent présents, l'ambassadrice nous convia dans une pièce deux fois plus grande, attenante à la première. Elle se mit face à nous et à proximité de son illustre invité. Puis, apercevant le probable conseiller du Député perdu dans la foule des convives, elle le pria de les rejoindre ; ce que fit le jeune homme, dont le visage rubicond révélait la vive émotion que paraissait lui procurer cette position de figurant muet.
A moins que ce ne fut un rasage matinal dont je supputai qu'il avait été douloureux.


En s'adressant à l'assistance, Madame l'ambassadrice d'abord, remercia vivement de sa présence Monsieur le Député, qui, à son tour remercia chaleureusement Madame l'ambassadrice pour son invitation.

Comme ça c'était fait !

Ces mutuelles et publiques salamalecs achevées, Monsieur Roland Blum improvisa un discours rapide sur les raisons de sa présence : la candidature de l'Islande à l'adhésion au sein de l'UE. Un discours consensuel d'un bout à l'autre, qui nous permit d'apprendre que cette adhésion serait une bonne chose pour l'Islande, comme pour l'Europe, que la France ferait tout son possible pour l'appuyer, mais que le chemin serait certainement long et difficile.
On a frôlé le scoop de l'année.

Dans un registre comparable, cela m'a fait pensé à ce sketch au cours duquel Coluche se gausse des déclarations insignifiantes faites suite à la rencontre de deux chefs d'état et dont les journalistes se font l'écho :
"Le Chancelier Allemand a été reçu cordialement par le Président de la république qui a descendu deux marches pour l’accueillir en signe de détente. La poignée de mains a été longue et chaleureuse. Les chefs de gouvernement se sont refusés à tout commentaire".


Un peu plus tard, ayant eu l'occasion de converser une dizaine de minutes avec Roland Blum, en compagnie d'une dame qui attendait désespérément de pouvoir s'entretenir avec le correspondant du Monde, l'homme s'est toutefois montré cordial et souriant. Il a même fait preuve d'une curiosité bienveillante à notre égard, nous interrogeant tour à tour sur nos biographies respectives, avant de chercher à s'éclipser discrètement, de crainte de manquer son vol prévu tôt le lendemain.
Un sacerdoce, je le répète.


La réception s'est achevée aux alentours de 21h30 au lieu des 20h00 espérés par notre hôtesse, qui ne put se résoudre, protocole oblige, à jeter dehors les quelques joyeux lurons encore présents, et qui, après les pépins de raisin, s'interrogeaient maintenant sur les vertus organoleptiques des couilles de mouton.

En repensant à cette soirée, je me suis d'abord souvenu d'une curieuse nuit passée avec
Nicolas Sarkozy, avant de me remémorer ce spot publicitaire pour une célèbre et néanmoins médiocre marque de chocolats.
Je fus donc sincèrement d'autant plus ravi d'avoir assisté à cette réception que la collation servie fut autrement plus délicieuse que ces insipides "rochers" chocolatés.