mardi 30 juin 2009

Happy days


Life isn´t just a game – it´s also a bed of roses...

L'exposition durera jusqu'au 30 août prochain au Reykjavik Museum de Reykjavik.




Une trentaine de photographies réalisées par Óli Páll Kristjánsson dans les années 60.
Les Islandais délaissent, non sans une certaine nostalgie, leur passé rural pour s'engouffrer vers un avenir urbain empreint de modernité. Design, confort and Rock'n roll, serais-je tenté de conclure dans un fruste raccourci.



Sur le paysage lunaire, la réelle fierté d'avoir acquis une indépendance longtemps chérie, le développement de l'industrie, l'essor balbutiant de l'économie concordent avec les saveurs motivantes d'une conquête spatiale alors en pleine effervescence ; une énergie débordante et euphorique qui conduit les quelque 200 000 habitants à opter pour une version islandisée du mode de vie de l'ami américain, installé depuis quelques années sur l'île.



Et ni les éruptions volcaniques (Askja en 61 et Surtsey en 63), ni les jets de morues vers l'autre insulaire anglais n'ont entamé cette quête effrénée d'un bonheur aux allures de grosses automobiles rutilantes, de chaussures pointues et de pantalons courts en nylon.
Ce bed of roses est le graal sacré d'une croissance espérée, à défaut d'être le mal avérée qui conduira le petit pays, 40 ans plus tard, vers une chute comparable à celle de l'eau brûlante et vaporeuse d'un geyser qui s'affaisse brutalement après avoir atteint un sommet.

Une période
happy days que je ne crains pas de rapprocher des quelques jours passés, ici, à Reykjavik, avec nos amis bretons, Marie (peintre talentueuse) et Nicolas (antiquaire briaçin au goût sûr).



Entre deux fou-rires causés par les positions incongrues de l'hôtesse ouvrant une porte ou ses révélations inattendues et néanmoins essentielles concernant les prénoms de Marie Dominique, nous nous sommes improvisés guides pour nos invités. Assez piètre guide en ce qui me concerne.
Car je fus le plus souvent incapable de répondre aux questions pourtant simples qui me furent posées, relatives à l'origine de tel ou tel bâtiment ou aux curieuses manifestations auxquelles nous avons parfois assisté.

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Au pays de Björk et de Sigur Rós, il était par exemple fort peu probable que la représentation ci-dessus, soit une version remaniée d'un courant musical autochtone traditionnel.
J'appris finalement que pendant plusieurs jours, des habitants s'étaient relayés sous les fenêtres du Parlement, pour exiger le rapatriement des milliards de couronnes détournés par quelques hommes d'affaires peu scrupuleux.
A ma connaissance, ces légitimes et sonores réclamations, n'ont pas encore été entendues.
Une surdité très certainement liée au récent éloignement géographique des branleurs concernés.



J'eus aussi une courte hésitation quant à savoir si le mariage ci-dessous était Protestant ou Catholique.

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Et je ne me montrai pas plus à l'aise pour nommer chacun des édifices que nous avons observés depuis le sommet de la gigantesque église d'Hallgrimur. Le bâtiment trône devant Leifur Eiríksson, figé dans la posture conquérante du découvreur méconnu, pour ne pas dire ignoré, du continent nord américain, bien avant l'illustre Christophe.

Un fort modeste présent offert par les États-Unis, sans doute pour remercier chaleureusement les Islandais d'avoir préféré leur petite île aux 9,4 millions de km2 d'étendues riches en ressources minières et agricoles.

Plutôt rats les amerloques.

Bref.

En juillet, à défaut de pouvoir rivaliser avec Régis Boyer, je m'efforcerai de publier quelques belles photos d'un petit tour de l'île.

dimanche 21 juin 2009

Sex à Reykjavik : il était une fois une aventure familiale.

Voici l'extrait n°2 (le n°1) d'un conte glacé qui retrace l'existence trépidante d'une famille installée à quelques miles du cercle polaire arctique.
Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais pas plus que vous.
Certains ont évoqué une passion quasi obsessionnelle pour les bouillottes.
L'auteur n'a pas confirmé.

L'histoire décrit l'amour passionné d'un prince et d'une princesse qui s'étaient rencontrés à peine sortis de l'enfance; un amour néanmoins
contrarié (refroidi ?) par quelques pépins que l'auteur aime à qualifier de volcaniques et qui ont un peu compliqué l'intégration du couple.

Cette tendre et magnifique épopée n'a toutefois pas encore été publiée.

Certains esprits taquins supposent qu'en dépit d'anecdotes parfois étonnantes, le terme "aventure" utilisé pour le titre est totalement exagéré
. Un choix inapproprié qui s'expliquerait par une cryogénisation cérébrale avancée, et qui justifierait le peu d'enthousiasme des éditeurs.
Il est vrai que l’action, le suspense et les serpents à sonnette peinent à émerger de ce récit.

Pour les serpents à sonnette, c'est assez normal.
Cela dit, la famille n'a pas non plus croisé d'ours polaires.


Beaucoup plus objectif, l'auteur précise que ce contretemps n'est dû qu'à la difficulté rencontrée pour sélectionner
l'une des 92 prestigieuses maisons qui le supplient d'accepter leur mirobolant contrat.

On ne va pas le contredire.
Cela doit être suffisamment difficile pour lui.

L'extrait qui nous est gentiment offert, raconte l'indéniable énergie du jeune prince Polig, fils d'Erwan et de Vanou, et que quelques photos viennent étayer.


(...)
Avec Polig, le plus jeune de la famille, le terme « Aventure » prenait ici sa pleine mesure. Grâce à lui, Erwan avait pu visiter, à deux reprises et en l’espace de 3 semaines seulement, les urgences de l’hôpital de Reykjavik. La première fois, pendant un cours de menuiserie à l’école, Polig avait préféré utiliser sa scie pour trancher son doigt plutôt que le morceau de bois qui lui avait été confié. Trois semaines plus tard, il avait trampoliné sur le canapé du salon et atterri tête la première sur le rebord d’une fenêtre. Après le doigt, le nez. Pour Erwan : le pied ! Nouveau déplacement aux urgences. À peine si les infirmières ne les accueillaient pas avec un « Welcome Polig ! » lorsqu’ils arrivaient.



En 9 ans seulement, Polig pouvait revendiquer un palmarès digne des plus grands cascadeurs : tentative d’immobilisation d’une automobile en marche par la seule force du corps à 2 ans (fracture du tibia), expérience visant à tester la résistance d’un doigt dans l’entrebâillement d’une porte qui claque à 3 ans (5 points de suture), saut sans parachute dans un escalier à 4 ans (une dent cassée et menton ouvert)… Chaque année, Polig offrait à Vanou et à Erwan l’occasion d’assister à un exploit sportif encore inédit. Si bien qu’ils avaient fini par ne même plus comptabiliser les piètres et néanmoins multiples hématomes, écorchures et autres blessures, conséquences inéluctables des entraînements quotidiens de leur fils.


Ils l’avaient inscrit au judo en arrivant en Islande. Imaginant que ce sport de combat lui permettrait d’apprendre à maîtriser ses mouvements. L’accident du piètre menuisier les avait néanmoins contraints à interrompre l’apprentissage des ashi guruma et autres atemi. Mais en repensant au seul et unique cours auquel il avait assisté, Erwan riait encore, autant qu’il doutait que le judo pût freiner l’ardente énergie du jeune prince. Le fait qu’il dût affronter sur un tatami des gamins ayant plus d’une tête que lui n’avait en rien changé son comportement. Et Erwan cachait maladroitement ses fous rires en voyant son fils mimer un Thierry Henry venant de marquer un but et signant son exploit d’un uppercut dans le vide, après avoir mis au sol trois fois de suite un jeune Islandais totalement dépité. Quant à la pratique du football, son sport favori depuis 3 ans maintenant, elle ne le rendait pas moins entreprenant. À cet âge, une partie de football s’apparente davantage à une mêlée de rugby se déplaçant à vive allure ; l’obtention et la conservation du ballon rond demeurant l’unique objectif de cet essaim de maillots sur pattes. Pourtant ni le nombre d’adversaires en quête de ballon, ni leur taille, ne décourageaient son engagement physique. En attaque, autant qu’en défense, il s’investissait corps et âme dans la bagarre. Peu lui importait qu’il fut un David nain contre 11 Goliaths géants.


Le monde selon Polig, c’était un gigantesque parc d’attractions totalement dépourvu de dangers et offrant, à tout moment, de multiples occasions de s’amuser. Il courait, sautait, grimpait, en donnant l’impression de penser pouvoir s’affranchir des lois de la gravité. Ni les chutes, ni les blessures ne le conduisaient à considérer le monde différemment. Le risque d’accident faisait partie du jeu, la potentialité du vol plané de ses règles. Alors, à l’instar du vase que l’on recolle ou de l’ampoule cassée que l’on change, il s’imaginait que les différentes parties de son corps pouvaient être réparées. Il considérait celui-ci comme une sorte de mécanique certes assez peu fiable, mais dont on pouvait toutefois renouveler les parties endommagées. Par ailleurs, ses déplacements les plus anodins étant considérés par ses parents, au mieux comme une tentative de record du monde de saut en parachute, au pire comme un projet d’ascension du Vatnajökull, Erwan et Vanou se substituaient à lui pour l’évaluation des risques. Ainsi, dès qu’il se mettait à courir sur le trottoir, Vanou entamait une poursuite effrénée en lui hurlant de ne pas traverser la rue, comme un bûcheron canadien eut crié timber pour signaler la chute d’un arbre fraîchement coupé. Et la moindre position instable sur une chaise, la plus petite expérimentation d’un saut à pieds joints, le simple ramassage d’un objet tombé sous une table aux bords anguleux déclenchaient le système d’alarme de sa maman. Polig n’avait plus à faire attention puisque ses parents étaient là. Il n’avait plus à regarder, à anticiper, ils étaient ses yeux.

Seuls les accidents survenus à Reykjavik avaient peut-être contribué à lui mettre un peu de plomb dans la tête. Car pendant plusieurs semaines, il n’avait pu profiter ni du foot, ni du judo, ni de la piscine et ses sorties chez les copains avaient été sensiblement restreintes.
(...)
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L'énergie de Polig n'exclut pas une disposition avérée pour l'apprentissage des langues en général et de l'islandais en particulier...

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dimanche 14 juin 2009

Happy daddy !

Une table matinale
D'étonnants mélanges composés

Réveillèrent ma fringale

De douceurs acidulés.

En dépit d'efforts répétés
Pour m'accaparer si jolie pitance
Il me fallu abandonner
Ces délices à leur insistance.


Vinrent ensuite les œuvres d'art
Ni cendrier coloré, ni fleurs en papier
Oubliées les fêtes cauchemar

Finis les bals masqués de nos mines enjouées


Quelques inventives productions
Reflets de leurs mondes réjouis
Ont livré leurs trésors d'imagination
Pour faire de moi un happy daddy.






Pour une éventuelle traduction de l'islandais vers le français, vous pouvez tenter votre chance ici.